Mangez Québec

Un nouveau guide alimentaire attendu

Isabelle Huot, Dre en nutrition

 

On l’attendait avec impatience ce nouveau guide, la dernière édition datant de 2007. Douze ans c’est long pour un outil de santé publique qui dicte nos politiques et programmes de nutrition. Le 22 janvier dernier, on saluait donc la présentation officielle du nouveau guide par la ministre de la Santé, l’honorable Ginette Petitpas Taylor. Le nouveau guide propose une approche totalement différente des guides précédents. Les portions sont abolies pour laisser place aux proportions. L’assiette santé proposée (qui rappelle celle proposée par Harvard) est séparée en trois parties : la moitié devrait être constituée de légumes et fruits, le quart de protéines, en mettant l’accent sur les protéines végétales et l’autre quart en produits céréaliers de grains entiers. Les protéines végétales présentent beaucoup d’avantages tant du point de vue de la santé que de celui de l’environnement. La consommation d’une abondance de légumes a toujours été promue par les experts en nutrition et le guide ne fait que renforcer ce message. En suivant ces proportions, nul besoin de faire des calculs, bien manger devient d’une simplicité sans équivoque ! Le concept de variété est aussi mis de l’avant tout comme le respect de sa faim et satiété. En adoptant ce modèle, la prévalence de l’obésité, du diabète, des maladies cardiovasculaires et de certains types de cancer devrait chuter de façon significative.

 

Développé sans l’influence de l’industrie alimentaire, le guide écarte les produits laitiers comme groupe distinct, mais les inclut dans le groupe des aliments riches en protéines. L’eau est la boisson de choix tout comme le lait faible en gras et les boissons végétales enrichies. Ces dernières boissons restent des sources significatives de calcium et de vitamine D et devraient toujours faire partie de nos habitudes à moins que l’on opte pour un supplément. Le lait est un aliment nutritif, tout comme les boissons végétales, consommer un ou l’autre relève de votre décision. Santé Canada est à revoir leur politique d’enrichissement afin de permettre à plus d’aliments d’être enrichis en vitamine D, question de favoriser la rencontre des besoins en vitamine D de la population. Pour l’instant, la prise d’un supplément de 400 UI pour les personnes de 50 ans et plus est encore recommandée. Rappelons que les sources alimentaires de vitamine D sont peu nombreuses.

Par-dessus tout, ce que les nutritionnistes apprécient le plus, c’est la considération du contexte social entourant les repas. Cuisiner davantage, manger en famille, déguster en pleine conscience font partie des valeurs véhiculées dans le guide. Une approche holistique du bien manger qui rappelle la diète méditerranéenne que j’adore (verre de vin en moins !!) et le guide alimentaire brésilien lancé en 2015. Santé Canada propose aussi de limiter la consommation d’aliments transformés, lesquels sont des sources de gras saturés, de sodium et de sucres. Bref, on achète des aliments de base et on cuisine ! Plusieurs recettes santé sont d’ailleurs proposées sur le site de Santé Canada afin de mettre en pratique plus facilement l’approche de l’assiette santé. À vos tabliers !

Auteur
Isabelle Huot, Dre en nutrition

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