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Gestions chou-bec : cultiver sa passion

De la commercialisation de la courge à la production d’un produit unique en Amérique du Nord, André Lauzon et Sylvie D’Amours n’ont certes pas eu peur de relever le défi qu’ils poursuivent depuis longtemps, celui d’aller au bout de leurs rêves !

Il est tombé dedans quand il était encore tout petit… On pourrait même dire, sans trop se tromper qu’il est presque né dans une feuille de chou ! Eh oui, pour André Lauzon, président des Gestions Chou-Bec, la culture du chou c’est une histoire de famille. Son père, son grand-père et ses arrière-grands-pères ayant, bien avant lui, cultivé cette passion pour ce digne représentant de la famille des crucifères. Au cœur du village de Saint-Joseph-du-Lac, dans la région de Deux-Montagnes, il poursuit avec son épouse Sylvie D’Amours et leurs deux filles, la tradition avec toute la détermination qu’impose les réalités de la culture maraîchère d’aujourd’hui.

Propriétaire de la ferme paternelle depuis 1994, après avoir été producteur de pommes et de légumes pendant un court moment, le couple, sans délaisser la culture du chou, choisi de diversifier sa production et de se lancer dans la culture des cucurbitacées. Une aventure qui a permis de découvrir le potentiel encore insoupçonné du marché de la courge et surtout de susciter l’engouement du consommateur pour ce fruit, encore méconnu et sous-utilisé par plusieurs, comme l’explique Sylvie D’Amours. « Nous envisagions une mise en marché avec le plus de variétés de courges possible. Le potentiel pour la commercialisation de la courge était là. Il s’agissait d’un produit qui se distinguait des autres, mais il nous fallait acquérir une meilleure connaissance de ce légume et surtout pouvoir transmettre aux consommateurs le goût de le servir sur les tables du Québec. »

L’initiative

Pour mettre en œuvre leur nouveau projet, les Lauzon ont dû créer l’offre et susciter la demande en même temps. Ces produits se vendaient bien aux États-Unis et en Ontario, mais n’arrivaient pas à conquérir le marché québécois. Les chaînes d’alimentation hésitaient à vendre ce nouveau produit, encore inconnu des consommateurs. En août 1999, après plusieurs tentatives de transfert d’information et de promotion de la courge auprès des grossistes en alimentation, les dirigeants de Chou-Bec décident de mettre sur pied le Centre d’interprétation de la courge du Québec. Cette initiative est vite devenue le moteur pour la commercialisation de leurs nouveaux produits. D’entreprise typiquement agricole, Les Gestions Chou-Bec devient alors un concept agro-touristique tout à fait unique, qui leur permet de continuer aussi d’œuvrer à la ferme, tout en faisant de l’éducation populaire.

La première démarche fut entreprise auprès des écoles du secteur avoisinant. Au menu de la journée : la visite du musée suivie d’une collation à base de courges et par la présentation d’un spectacle démystifiant le fameux légume. Le succès est instantané. Les parents ont vite fait de venir eux aussi visiter la ferme. Pour plusieurs visiteurs, cette expérience s’inscrit aussi dans une démarche de découverte du milieu agricole, du contact avec la terre. Les résultats s’affichent au-delà des espérances. En moins de 3 ans, l’affluence est passée de 2 000 à 10 000 enfants par année. Si la courge est aujourd’hui une denrée beaucoup plus connue et appréciée des Québécois, le travail de sensibilisation des Lauzon en est sûrement imputable pour une grande part. Le succès du Centre d’interprétation de la courge du Québec a provoqué une demande pour les cucurbitacées qui s’est fait sentir jusque dans les fruiteries et les épiceries de la région, et même ailleurs au Québec. Sylvie D’Amours et André Lauzon ont gagné leur pari. Mission accomplie !

La courge dans tous ses états…

Dans le but de poursuivre leur travail pédagogique et de répondre aux besoins des consommateurs, les proprios de Chou-Bec nous proposent aujourd’hui, Madame de la Courge, un tout nouveau bouquin sur l’histoire et tous les secrets que recèle le cucurbitacée. Ils y dévoilent des trucs utiles sur l’achat de la courge, sa conservation et bien sûr, une foule de recettes toutes aussi exquises les unes des autres. On y apprend que les courges, bien qu’utilisées couramment comme « légume », sont des fruits, qu’on peut consommer crus ou cuits. Crus, on les mange en trempettes, en entrées, en salades ; on peut aussi les mariner. Râpées et mélangées à de la farine, des œufs et des assaisonnements, les courges font d’excellentes crêpes.

Chou un jour, chou toujours !

Entre-temps, loin de délaisser la culture du chou, Chou-Bec se spécialise désormais aussi dans la transformation du chou rouge en colorant alimentaire et casher, un produit unique en Amérique du Nord. Le chou vert n’est plus très rentable depuis quelques années pour bon nombre de producteurs du Québec, comme l’explique André Lauzon. Cet ambassadeur
de la courge a troqué la culture du chou vert pour celle du chou rouge et y consacre depuis 1999, une bonne partie de ses 30 hectares de terre cultivable. Il s’agit d’un virage obligé pour l’entreprise qui transforme aujourd’hui plus de 500 000 tonnes de chou rouge, par année. L’usine de transformation située à St-Hubert, produit plus d’un million 500 000 litres de colorant. Ce produit entièrement naturel est en grande partie exporté aux États-Unis pour la fabrication de confitures. Le colorant est également présent dans les crèmes glacées, les yogourts et les confiseries.

Encore plus d’informations ?
Visitez le site Internet du Centre d’interprétation de la courge du Québec à l’adresse suivante : www.courge-quebec.com

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